Cocréation et évaluation des milieux d’apprentissage
en réseau international (MARI) dans les cégeps

Chercheur.es  : Olivier Bégin-Caouette (Université de Montréal), Sébastien Béland (Université de Montréal), Marie-Josée Goulet (Université du Québec en Outaouais), Nicole Lacasse (Université Laval) et Olivier Francis Hazoume (Université de Montréal)

Description

L’internationalisation de l’enseignement supérieur – soit l’intégration d’une composante internationale, interculturelle ou planétaire dans les missions, les fonctions ou la prestation de services éducatifs (Knight, 2004) – est un processus par lequel les établissements d’enseignement supérieur peuvent développer, chez leurs étudiants, les connaissances, compétences et attitudes afin de réussir dans une société et un monde du travail mondialisés (Gacel-Avilá, 2005). Dans un récent sondage, les cégeps rapportent que, de manière générale, l’internationalisation permettrait de former des étudiants ouverts sur le monde, de développer une sensibilité interculturelle, d’améliorer la qualité des programmes et de développer de nouvelles compétences (Fédération des cégeps, 2020). Les études confirment d’ailleurs que la mobilité étudiante aurait des retombées positives sur les perspectives d’emploi (Blumenthal et al., 1994), les résultats scolaires (Peppas, 2005), la poursuite d’études supérieures (Dwyer, 2004), les compétences interculturelles (Anderson et al., 2006), la résolution de conflits (Behrnd et Porzelt, 2011) et la sensibilité interculturelle (Emert et Pearson, 2007).  

Or, ce type d’expérience internationale demeure le privilège d’une minorité (Daly et Barker, 2010). En effet, par année, seulement 2,3% des étudiants des cégeps participent à un projet de mobilité internationale (Fédération des cégeps, 2020). Des études suggèrent que, dans les universités, cette minorité serait constituée d’étudiants blancs, plus jeunes, sans obligation familiale et provenant de milieux aisés (Olsen, 2008; Martinez, Ranjeet et Marx, 2009), ce qui soulève d’importantes questions quant à l’équité, la diversité et l’inclusion en matière d’éducation internationale. Le contexte spécifique de la pandémie mondiale actuelle a également eu de lourds impacts sur la mobilité internationale (de Wit et Altbach, 2021). À la lumière de ce contexte et prenant appui sur les avancées en matière d’enseignement à distance (Papi et al., 2018), il importe de réfléchir aux innovations technopédagogiques qui permettraient de démocratiser l’accès à une expérience internationale pour les étudiants. 

Depuis la fin des années ’90, des professeurs d’université ont développé ce qui s’appelait des « Globally Networked Learning Environments (GNLEs) » maintenant connus sous le nom de « Collaborative Online International Learning (COIL) », que nous traduisons par milieux d’apprentissage en réseau international (MARI) (Bégin-Caouette, Khoo et Afridi, 2015). Les MARI consistent en la cocréation, par des professeurs de différents pays, d’un espace numérique d’apprentissage expérientiel et internationalisé à l’intérieur duquel des étudiants collaborent à des projets communs et, tout en réalisant les apprentissages prévus au cours, examinent les contenus à travers une perspective planétaire, tout en étant plus sensible aux contextes géographiques et culturels particuliers. Les MARI sont plus fréquents dans les établissements universitaires, mais très rares dans les établissements collégiaux (Custer et Tuominen, 2017). En outre, Bégin-Caouette et al. (2015) et Rubin (2017) soulignent que ces activités sont souvent le fruit d’initiatives individuelles et qu’il est complexe de les pérenniser. En outre, si des études menées dans les milieux universitaires suggèrent que les MARI favorisent le développement de compétences interculturelles (de Castro et al., 2019), communicationnelles (O’Brien et Erikson, 2008), linguistiques (Crabtree et al., 2008), de travail (Appiah-Kubi et Ebenezer, 2020) et de leadership (Avery, Civjan et Johri, 2005), aucune étude n’a encore examiné si ces avantages pouvaient se transposer dans le milieu collégial. 

L’objectif de ce projet est donc de codévelopper et évaluer l’effet des MARI dans les cégeps québécois. Pour ce faire, l’équipe s’appuie notamment sur les expertises et compétences complémentaires de quatre chercheurs universitaires. Olivier Bégin-Caouette, professeur adjoint en enseignement supérieur comparé à l’Université de Montréal, possède une expertise en internationalisation des cégeps et réalise, depuis 2010, des contrats en la matière pour la Fédération des cégeps. Sébastien Béland, professeur agrégé en mesure et évaluation à l’Université de Montréal, est un expert de la psychométrie et de l’évaluation de programmes. Marie-Josée Goulet, professeure à l’Université du Québec en Outaouais et experte de la formation à distance au postsecondaire, se spécialise dans les interactions médiatisées enseignant-apprenant. Nicole Lacasse, professeure titulaire au Département de management de l’Université Laval, est une experte de l’internationalisation, fut vice-rectrice adjointe aux activités internationales et dirige un projet sur la mobilité numérique au niveau universitaire. Ces expertises seront mobilisées par les dimensions administratives, pédagogiques, évaluatives et internationales inhérentes au projet d’innovation technosociale et technopédagogique proposé. 

Partenaire  : Direction des affaires internationales de la Fédération des cégeps 

Financement  : Programme de soutien aux projets technosociaux innovants (Université de Montréal) et subvention Exploration (Université de Montréal) 

Document de consultation

État des lieux​